Au commencement était la vigne

On a coutume de faire naître la vigne dans le Caucase Méridional entre la Turquie, l’Arménie et l’Iran, à peu près là où l’Arche de Noé se serait échouée. Mais la vigne poussait déjà en Europe Occidentale au miocène, 3° période de l’ère tertiaire.

« Dieu fit passer un vent sur la Terre et les eaux désenflèrent, .et au 7° mois, au 17° jour du mois, l’arche s’arrêta sur les Monts d’Ararat….. » « Alors Dieu parla ainsi à Noé : Sors de l’Arche, toi et ta femme, tes fils. »  « ..et à partir d’eux se fit le peuplement de toute la Terre ». Noé le cultivateur commença à planter de la vigne. (Genèse VIII, IX).

 Il y a semble t’il quelque fondement historique dans la localisation de cette viticulture originelle sur les pentes du Mont Ararat. Il a été découvert des pépins de raisins appartenant à des variétés sauvages de la vigne vieux de 10 000 ans, dans un certain nombre de sites préhistoriques notamment en Turquie, Syrie, Liban.

 LA VITICULTURE

* Mais c’est en Transcaucasie ( à l’est du Mont Ararat, en Géorgie et en Arménie ) qu’est née la viticulture.

Les plus anciens pépins de vigne cultivés connus à ce jour proviennent de Géorgie, ils remontent à une période de 7 000 à 5 000 avant J.C.  On retrouve ensuite la vigne en Mésopotamie, et dans la région du Nil en Egypte vers 3 000 avant J.C.

 LES VINS DES PHARAONS (III, V° millénaires avant J.C.) : S’ils ne furent pas les premiers à maîtriser l’art de la vigne et du vin, ils furent les premiers à le décrire en détail et à le célébrer par la peinture. L’image qu’ils nous donnent des vendanges de l’Antiquité ne nous paraît pas plus éloignée que celles des vendanges de l’Europe médiévale telles qu’elles ont été illustrées par des tapisseries. Nous avons de la peine à imaginer que ces scènes si vivantes remontent au III ou V° millénaire d’avant notre ère et que le processus de vinification était déjà maîtrisé.

On trouve une illustration vivante de la viticulture de l’Egypte antique dans les peintures funéraires des hauts fonctionnaires et dans celles d’artisans qui aimaient tant la vigne que la décoration du plafond de leur tombe est à l’image d’une tonnelle surchargée de grappes. Certaines de ces peintures nous décrivent un véritable savoir-faire, comment ils faisaient leur vin, comment ils le buvaient et le plaisir qu‘ils en tiraient.

 A la même époque l’Assyrie était une région productrice de vin. On sait que les habitants de Mésopotamie buvaient du vin vers 3 000 ans avant J.C. Des bateaux faits de peaux transportaient des tonneaux de vins sur l’Euphrate à destination des grandes villes comme Babylone, le vin venait soit d’Assyrie, soit de Perse.

 *  Depuis le Proche Orient, la Perse, la vigne cultivée se propage vers l’est. On connaît sa présence en Inde vers 500 avant J.C. Elle parvient en Chine sous la dynastie de HON au II° siècle avant J.C. où la consommation de vin  restera en vogue jusqu’à l’installation de la dynastie mongole des YUAN à la fin du XIII° siècle. De la Chine, elle gagnera vers 1 200 le Japon où elle connaîtra un essor au XVIII°.

 *  Mais c’est par l’expansion vers l’ouest que la vigne va conquérir le monde. L’histoire de la viticulture est liée à celle du commerce et repose sur la complémentarité entre les agriculteurs – viticulteurs sédentaires et les pasteurs nomades caravaniers qui transportent vins et boutures. La viticulture va s’étendre en quelques siècles à l’ensemble de l’Europe. Après, les Phéniciens, la Grèce (2 000 avant J.C.), la Bulgarie, en Sicile, et à Massilia (Marseille, alors antique colonie grecque au début du VI° siècle avant J.C.), ce n’est qu’au 1° siècle avant J.C. que les Romains prennent la relève.

* La viticulture romaine trouve ses origines dans les colonies de la grande Grèce du sud de l’Italie. Il y avait peut être eu des colonies mycéniennes archaïques, mais celles que nous connaissons avec certitude furent établies à partir de 800 avant J.C. Il y avait certainement de la vigne et des vignerons en Italie avant l’arrivée des Grecs, sans doute en Etrurie (Toscane actuelle) : les Etrusques avaient probablement une origine orientale. Ils faisaient du vin selon une technique très voisine des Grecs et l’exportaient en Gaule.

 Pour les grecs, une société digne de ce nom ne pouvait que produire une viticulture savante et des vins de qualité. Le négoce du vin allait de pair avec la colonisation. En Gaule, l’établissement de la paix romaine permit l’épanouissement du pays. La viticulture figurait parmi les activités les plus rentables ; Ce furent des années fastes pour le commerce du vin.

Dès 125 avant J.C. les romains annexèrent le couloir rhodanien et le Languedoc. Ainsi se crée en Gaule Narbonnaise un important vignoble. De Narbonne, qui devint la capitale de la région, le vin était diffusé par voie d’eau et par voie de terre.

Jules César fut chargé en 59 avant J.C. de l’administration des provinces de la Gaule Cisalpine auxquelles s’ajouta la Narbonnaise. De 58 à 51 avant J. C., la frontière de l’empire romain était portée jusqu’au Rhin, consommant la victoire du vin sur la  cervoise.

La Narbonnaise abreuva toute la Gaule de ses vins, puis Rome. L’expansion du vignoble gaulois provoqua l’effondrement des exportations de vins italiens.

La fin du 1°siècle avant J.C. fut l’âge d’or des « grands crus » des vins italiens, tous blancs et doux.

* Au I° siècle, Rome accorde aux Allobroges du Dauphine le droit de planter et d’exploiter la vigne. Ils créent une nouvelle variété de vigne résistante aux hivers rigoureux. Les Bituriges Vibisci implantent un vignoble à Bordeaux grâce à la création d’un nouveau cépage Le biturica adapté à un climat pluvieux et venteux.

 * Les perfectionnements ampélographiques, et au III° siècle la nécessité de s’assurer la fidélité des populations situées aux frontières de l’Empire romain permettent une extension de la viticulture dans toute la Gaule du nord, en Bourgogne, sur les bords du Rhin en Hongrie, Tchécoslovaquie, Autriche.

 * C’est au Moyen Age que va se dessiner une nouvelle géographie viticole de l’Europe sous l’impulsion du prestige attaché à la culture de la vigne et de la religion chrétienne qui encourage la production du vin. Pendant tout le Haut Moyen Age du VII au X siècle, la Méditerranée perd son caractère de centre du monde viticole (avec quelques petits vignobles en Afrique du Nord, en Espagne, en Egypte).

En Europe de l’ouest et du nord, par contre, le développement du christianisme va favoriser la survie de la viticulture après la disparition de l’Empire romain. On assistera à la création de milliers d’hectares de vignoble autour des villes et des abbayes grâce aux moines mais aussi aux nobles.

 L’évêque entretient un vignoble autour de la cité, chaque abbaye également, les monastères s’installent dans des sites propices à la viticulture, ou plantent les vignes à leurs portes : en Bretagne, Flandre, Angleterre, Irlande, Poméranie, Prusse, Danemark. Jamais plus, comme à cette époque, la vigne ne connaîtra une telle extension sur le continent européen. Tous les vignobles médiévaux situés au nord et à l’ouest de la Champagne ont disparu car les conditions climatiques ne leurs convenaient pas.

 A partir du XI° siècle, l’essor économique des pays septentrionaux provoque une renaissance de la viticulture et une profonde modification du paysage viticole européen. La bourgeoisie du nord encourage la production des vignobles rhénans et de la France du nord, et on assiste au développement des régions comme le Bordelais et la Bourgogne.

 Aux XI° et XII° siècle, la reconquête de la Castille par les Espagnols chrétiens s’accompagne d’une multiplication des plantations de ceps.  Parallèlement se développent de nombreux vignobles dans les pays du piémont : Valais, Savoie, Ariège.

  Dans le XIII° siècle, Venise importe en grandes quantités les vins des îles grecques. Ce vin, pouvant vieillir et être stocké, connaît au XV° siècle un grand succès dans toute l’Europe. Les colons vénitiens en développent la production en Crète, à Rhodes et dans la plupart des îles grecques. La concurrence du commerce anglais puis l’arrivée des turcs en Crète et dans les îles grecques amènent les vénitiens à développer des vignobles le long des côtes dalmates, et sur la côte Adriatique de l’Italie. Puis en Italie du sud, et en Toscane.

* C’est au Moyen Age que va se dessiner une nouvelle géographie viticole de l’Europe sous l’impulsion du prestige attaché à la culture de la vigne et de la religion chrétienne qui encourage la production du vin.

Pendant tout le Haut Moyen Age du VII au X siècle, la Méditerranée perd son caractère de centre du monde viticole (avec quelques petits vignobles en Afrique du Nord, en Espagne, en Egypte).

En Europe de l’ouest et du nord, par contre, le développement du christianisme va favoriser la survie de la viticulture après la disparition de l’Empire romain. On assistera à la création de milliers d’hectares de vignoble autour des villes et des abbayes grâce aux moines mais aussi aux nobles.

L’évêque entretient un vignoble autour de la cité, chaque abbaye également, les monastères s’installent dans des sites propices à la viticulture, ou plantent les vignes à leurs portes : en Bretagne, Flandre, Angleterre, Irlande, Poméranie, Prusse, Danemark. Jamais plus, comme à cette époque, la vigne ne connaîtra une telle extension sur le continent européen. Tous les vignobles médiévaux situés au nord et à l’ouest de la Champagne ont disparu car les conditions climatiques ne leurs convenaient pas.

A partir du XI° siècle, l’essor économique des pays septentrionaux provoque une renaissance de la viticulture et une profonde modification du paysage viticole européen.

La bourgeoisie du nord encourage la production des vignobles rhénans et de la France du nord, et on assiste au développement des régions comme le Bordelais et la Bourgogne.

 Aux XI° et XII° siècle, la reconquête de la Castille par les Espagnols chrétiens s’accompagne d’une multiplication des plantations de ceps.  Parallèlement se développent de nombreux vignobles dans les pays du piémont : Valais, Savoie, Ariège.

 Dans le XIII° siècle, Venise importe en grandes quantités les vins des îles grecques. Ce vin, pouvant vieillir et être stocké, connaît au XV° siècle un grand succès dans toute l’Europe. Les colons vénitiens en développent la production en Crète, à Rhodes et dans la plupart des îles grecques. La concurrence du commerce anglais puis l’arrivée des turcs en Crète et dans les îles grecques amènent les vénitiens à développer des vignobles le long des côtes dalmates, et sur la côte Adriatique de l’Italie. Puis en Italie du sud, et en Toscane.

* C’est au Moyen Age que va se dessiner une nouvelle géographie viticole de l’Europe sous l’impulsion du prestige attaché à la culture de la vigne et de la religion chrétienne qui encourage la production du vin.

Pendant tout le Haut Moyen Age du VII au X siècle, la Méditerranée perd son caractère de centre du monde viticole (avec quelques petits vignobles en Afrique du Nord, en Espagne, en Egypte).

En Europe de l’ouest et du nord, par contre, le développement du christianisme va favoriser la survie de la viticulture après la disparition de l’Empire romain. On assistera à la création de milliers d’hectares de vignoble autour des villes et des abbayes grâce aux moines mais aussi aux nobles.

L’évêque entretient un vignoble autour de la cité, chaque abbaye également, les monastères s’installent dans des sites propices à la viticulture, ou plantent les vignes à leurs portes : en Bretagne, Flandre, Angleterre, Irlande, Poméranie, Prusse, Danemark. Jamais plus, comme à cette époque, la vigne ne connaîtra une telle extension sur le continent européen. Tous les vignobles médiévaux situés au nord et à l’ouest de la Champagne ont disparu car les conditions climatiques ne leurs convenaient pas.

A partir du XI° siècle, l’essor économique des pays septentrionaux provoque une renaissance de la viticulture et une profonde modification du paysage viticole européen.

La bourgeoisie du nord encourage la production des vignobles rhénans et de la France du nord, et on assiste au développement des régions comme le Bordelais et la Bourgogne.

 Aux XI° et XII° siècle, la reconquête de la Castille par les Espagnols chrétiens s’accompagne d’une multiplication des plantations de ceps.  Parallèlement se développent de nombreux vignobles dans les pays du piémont : Valais, Savoie, Ariège.

 Dans le XIII° siècle, Venise importe en grandes quantités les vins des îles grecques. Ce vin, pouvant vieillir et être stocké, connaît au XV° siècle un grand succès dans toute l’Europe. Les colons vénitiens en développent la production en Crète, à Rhodes et dans la plupart des îles grecques. La concurrence du commerce anglais puis l’arrivée des turcs en Crète et dans les îles grecques amènent les vénitiens à développer des vignobles le long des côtes dalmates, et sur la côte Adriatique de l’Italie. Puis en Italie du sud, et en Toscane.

* Les XVII et XVIII° siècles voient se succéder une série d’événements qui modifient en profondeur et durablement le monde viticole européen. Les Hollandais favorisent la production de vins blancs en France de l’ouest et du sud ouest pour satisfaire les besoins de leur flotte. La politique protectionniste de Colbert amène les Hollandais à chercher de nouveaux centres d’approvisionnement en Espagne, Portugal, Italie. L’Angleterre est en plein essor économique, et en raison de la crise avec la France se tourne vers l’Andalousie et le Portugal.

* Au XVIII° siècle, Bordeaux pour regagner les faveurs d’une clientèle acquise aux vins espagnols et portugais doit se tourner vers une production de haute qualité. Le négoce bordelais associé au commerce britannique part à la reconquête du marché anglais. Cette orientation vers une production de haute qualité connaît des équivalences en Champagne, Bourgogne.

C’est sous l’influence du commerce anglais que se crée, à partir de 1773, le vignoble de Marsala en Sicile. C’est la cour de Vienne qui suscite l’essor du vignoble de Tokaj dans le nord-est de la Hongrie.

 Dans le même temps, grâce au développement des villes, des premières régions industrielles, il se produit un élargissement de la consommation des vins ordinaires entraînant

le développement des vignobles de la Rioja en Espagne, de l’orléanais ou du Beaujolais

.* Enfin un dernier événement marque le

XVII et XVIII° siècle, l’expansion mondiale de la viticulture qui accompagne les entreprises missionnaires et coloniales de l’Occident chrétien.

Dès la seconde moitié du XVI° siècle, les conquérants espagnols avaient introduit la culture de la vigne en Bolivie, au Pérou, au Chili, en Argentine. Les premières plantations viticoles en Amérique du nord sont l’œuvre de missionnaires jésuites installés au Mexique.

Au milieu du XVII° siècle, des colons Hollandais plantent les premiers ceps en Afrique du Sud dans la province du Cap où d’importants vignobles se développent bientôt grâce à l’expérience d’immigrants Allemands et surtout Huguenots français venus après la révocation de l’Edit de Nantes. Un premier groupe d’immigrants apporte en Australie quelques ceps qui fonderont une riche tradition vigneronne.

* Le XIX° siècle apparaît d’abord comme un siècle de créations viticoles. En France se constitue, dans les plaines du Languedoc, un vignoble de masse. Les vignobles d’outre- mer prennent ou poursuivent leur essor : Australie, Afrique du sud, Argentine, Chili grâce aux immigrants espagnols, italiens et français. En Californie, les cépages les plus réputés d’Europe sont introduits par des colons de diverses nationalités.

En Algérie, les colons français créent de toutes pièces, à partir de 1850, un vignoble.

 La vigne occupe aujourd’hui dans le monde une surface double de celle qui lui était réservée il y a un siècle.

Une partie de ce vignoble sert à la production de raisin de table et de raisins secs. Dans un passé récent, la viticulture est restée stable en France, en Espagne, en Hongrie, en Autriche, en Suisse mais a connu un développement très important en Argentine (400 000 hl en 1875, 20 millions en 1964) au Mexique, en Afrique du Sud, en Australie, au Chili, aux Etats-Unis mais aussi dans les pays de l’ex URSS, la Bulgarie, et la Roumanie. Le vignoble japonais est passé de 2 000 ha en 1900 à 22 000 ha en 1964.

Malgré cette extension considérable des vignobles extra – européens, l’Europe reste le haut lieu de la viticulture.

Dans ce mouvement général caractérisé par une augmentation constante de la qualité grâce aux perfectionnements des méthodes de culture et de vinification, la France demeure un modèle de référence.

 Sources : Claude ROYER – La vigne et le vin – Cité des sciences  Ethnologue Directeur de recherche au C.N.R.S.

Samat TOUSSAINT – Histoire naturelle et morale de la nourriture.

Rudolf WEINHOLD – Vina Bacchus, une histoire du vin et de la  viticulture.

Roger DION – Histoire de la vigne et du vin en France.

H. et B. ENJALBERT – L’histoire de la vigne et du vin.

Hugh JOHNSON – Une histoire mondiale du vin.

 

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